un garçon qui semble réticent à ouvrir un livre entouré de piles de livres
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Mon enfant n’aime pas lire : que faire ?

Beaucoup de parents aimeraient voir leur enfant ouvrir un livre spontanément. Mais dans la réalité, certains enfants préfèrent jouer, regarder une vidéo, dessiner, bouger, construire, parler… tout sauf lire.

Cela peut inquiéter, surtout en primaire. La lecture est importante pour l’école, pour le vocabulaire, pour la compréhension des consignes et pour l’autonomie. Mais plus on insiste, plus certains enfants se ferment.

La bonne nouvelle, c’est qu’un enfant qui n’aime pas lire aujourd’hui n’est pas condamné à ne jamais aimer lire. Il faut parfois simplement changer d’approche : moins de pression, plus de choix, plus de plaisir, et des livres vraiment adaptés à son niveau.

Enfant qui découvre différents livres dans un coin lecture calme.

D’abord, comprendre pourquoi il n’aime pas lire

Avant de chercher une solution, il faut essayer de comprendre le blocage. Un enfant peut dire “je n’aime pas lire” pour plusieurs raisons.

Il peut :

  • trouver ça trop difficile ;
  • lire lentement et se fatiguer vite ;
  • avoir peur de se tromper ;
  • ne jamais trouver de livre qui l’intéresse ;
  • associer la lecture aux devoirs ;
  • préférer les images, les BD ou les documentaires ;
  • avoir du mal à rester assis ;
  • être découragé par les livres trop longs ;
  • avoir vécu la lecture comme une obligation.

Un enfant ne dit pas toujours “je n’y arrive pas”. Il dit parfois “c’est nul” ou “j’aime pas”. Derrière le refus, il peut y avoir une vraie difficulté ou simplement un manque d’envie.

L’Éducation nationale rappelle que l’école doit permettre à tous les enfants de maîtriser la lecture, mais aussi de développer leur intérêt pour les livres et le plaisir de lire. La lecture ne se limite donc pas à une compétence scolaire : elle doit aussi rester une expérience agréable.

Ne pas transformer la lecture en punition

Quand un enfant n’aime pas lire, on peut être tenté de dire :

“Tu vas lire 20 minutes, c’est obligatoire.”

Le problème, c’est que l’enfant risque d’associer le livre à une punition. Plus il entend “il faut lire”, moins il en a envie.

Bien sûr, il peut y avoir des lectures demandées par l’école. Mais pour redonner le goût de lire, il faut aussi prévoir des moments où la lecture n’est pas évaluée, pas chronométrée, pas corrigée.

On peut remplacer :

“Lis, c’est important.”

Par :

“Choisis un livre qu’on regarde ensemble.”

Ou :

“On lit juste une page, puis tu me dis si tu veux continuer.”

L’idée est de diminuer la pression au départ.

Accepter que la BD, le manga ou le documentaire comptent aussi

Certains parents attendent que leur enfant lise un “vrai livre”, c’est-à-dire un roman. Mais pour un enfant qui n’aime pas lire, commencer par un roman de 150 pages peut être décourageant.

La bande dessinée, le manga adapté à l’âge, l’album illustré, le magazine jeunesse ou le documentaire sont aussi des portes d’entrée vers la lecture.

Un enfant qui lit une BD lit :

  • des dialogues ;
  • des bulles ;
  • des expressions ;
  • des enchaînements d’actions ;
  • du vocabulaire ;
  • des situations ;
  • parfois des jeux de mots.

Un enfant qui lit un documentaire sur les dinosaures, l’espace, les animaux ou le football lit aussi. Même s’il ne lit pas dans l’ordre. Même s’il saute des pages. Même s’il regarde beaucoup les images.

L’Éducation nationale rappelle d’ailleurs que tous les supports écrits peuvent soutenir l’intérêt des élèves, y compris la bande dessinée, la presse et la littérature jeunesse de qualité.

Choisir des livres à son niveau, pas à son âge “idéal”

Un enfant de CE2 peut avoir besoin d’un livre très illustré. Un enfant de CM1 peut préférer un texte court. Ce n’est pas grave.

Le bon livre n’est pas celui qui impressionne l’adulte. C’est celui que l’enfant peut lire sans se sentir immédiatement en échec.

Un livre adapté doit être :

  • assez simple pour ne pas décourager ;
  • assez intéressant pour donner envie ;
  • pas trop long ;
  • lisible visuellement ;
  • avec une police confortable ;
  • avec des illustrations si besoin ;
  • lié à un sujet qui plaît à l’enfant.

Pour choisir, on peut tester la règle suivante : l’enfant lit une page. S’il bloque sur trop de mots, le livre est peut-être trop difficile pour une lecture autonome. Ce livre peut alors devenir un livre à lire avec un adulte, mais pas forcément seul.

Lire avec lui, même s’il sait déjà lire

On arrête souvent de lire des histoires aux enfants dès qu’ils apprennent à lire seuls. Pourtant, beaucoup d’enfants de primaire aiment encore qu’un adulte lise avec eux.

Lire à deux permet de garder le plaisir sans transformer la lecture en effort permanent. Le ministère de l’Éducation nationale recommande notamment de lire ensemble, de lire à voix haute avec expression, de prendre le temps de regarder les illustrations et de reparler de l’histoire après la lecture.

On peut essayer plusieurs formats :

  • le parent lit une page, l’enfant lit une phrase ;
  • le parent lit les passages narratifs, l’enfant lit les dialogues ;
  • chacun choisit un personnage ;
  • le parent lit le début, l’enfant lit la suite ;
  • l’enfant écoute simplement, sans obligation de lire à voix haute.

L’écoute d’une histoire reste utile. Elle développe le vocabulaire, la compréhension, l’imagination et le goût des récits.

Parent qui lit avec son enfant pour rendre la lecture plus agréable.

Créer un petit rituel, sans en faire trop

Pour un enfant qui lit peu, mieux vaut une petite habitude régulière qu’une longue séance imposée une fois par semaine.

On peut commencer très petit :

  • 5 minutes le soir ;
  • une page après le goûter ;
  • une BD le mercredi ;
  • un livre audio pendant le dessin ;
  • une visite à la médiathèque une fois par mois ;
  • un moment lecture le dimanche matin.

Le ministère recommande aussi de créer un endroit calme, de mettre les livres à portée de main, de montrer l’exemple et d’installer une routine de lecture.

Le rituel doit être simple. S’il devient trop lourd, il sera vite abandonné.

Laisser l’enfant choisir

Un enfant lit plus facilement quand il a le droit de choisir.

Même si le livre semble trop simple.
Même si ce n’est pas celui que le parent aurait choisi.
Même si c’est encore un documentaire sur les requins.
Même si c’est la même BD pour la troisième fois.

Le choix donne à l’enfant un sentiment de contrôle. Et ce sentiment compte beaucoup quand il se sent déjà en difficulté.

On peut proposer une sélection limitée :

“Tu préfères cette BD, ce documentaire ou ce petit roman ?”

C’est plus efficace que :

“Va choisir un livre.”

Trop de choix peut aussi bloquer. Une petite pile de 4 ou 5 livres bien choisis suffit.

Relier la lecture à ses passions

Un enfant qui n’aime pas lire peut quand même avoir des centres d’intérêt très forts :

  • animaux ;
  • football ;
  • danse ;
  • Minecraft ;
  • dinosaures ;
  • espace ;
  • cuisine ;
  • blagues ;
  • magie ;
  • mythologie ;
  • chevaliers ;
  • volcans ;
  • mangas ;
  • BD humoristiques.

Il faut partir de là.

Si l’enfant adore les chats, on cherche des livres sur les chats.
S’il aime les jeux vidéo, on cherche un roman ou une BD autour d’un univers proche.
S’il aime rire, on propose des livres de blagues ou des BD courtes.
S’il aime les faits étonnants, on propose des documentaires.

Le premier objectif n’est pas de lire “un grand classique”. C’est de créer un lien positif avec les livres.

Montrer que les adultes lisent aussi

Les enfants observent beaucoup. Si la lecture est toujours présentée comme une obligation pour eux, mais jamais comme une activité normale pour les adultes, le message est moins fort.

Il ne s’agit pas de faire semblant. Mais on peut montrer que l’écrit existe partout :

  • lire une recette ;
  • lire un article ;
  • lire une BD ;
  • lire un roman ;
  • chercher une information dans un livre ;
  • aller à la bibliothèque ;
  • offrir un livre ;
  • parler d’une histoire qu’on a aimée.

L’Éducation nationale conseille aussi de montrer l’exemple, notamment en lisant soi-même et en allant ensemble à la bibliothèque ou à la librairie.

Éviter les comparaisons

Les phrases comme “ta sœur lisait déjà beaucoup à ton âge” ou “les autres enfants lisent mieux” risquent de bloquer encore plus l’enfant.

La comparaison utile, c’est celle avec lui-même :

  • “Tu lis plus facilement qu’au début de l’année.”
  • “Tu as lu cette page avec moins d’aide.”
  • “Tu as reconnu ce mot tout seul.”
  • “Tu as terminé une BD entière.”
  • “Tu as accepté d’essayer.”

Un enfant qui se sent jugé lit rarement avec plaisir. Un enfant qui se sent encouragé peut oser davantage.

Ne pas corriger chaque erreur

Quand un enfant lit à voix haute, l’adulte entend tout : les mots sautés, les sons inversés, les hésitations, les phrases sans intonation. C’est tentant de corriger tout de suite.

Mais si on corrige chaque erreur, la lecture devient hachée et stressante.

On peut choisir de corriger seulement ce qui gêne vraiment la compréhension. Pour le reste, on laisse parfois continuer.

À la fin, on peut dire :

“Tu as bien compris l’histoire. On va juste reprendre deux mots qui étaient difficiles.”

Le but est que l’enfant garde le fil de ce qu’il lit. La lecture n’est pas seulement du décodage, c’est aussi du sens.

Alterner lecture plaisir et lecture scolaire

Il faut distinguer deux choses :

  • lire pour l’école ;
  • lire pour soi.

Les deux sont importants, mais ils ne provoquent pas toujours la même sensation chez l’enfant.

La lecture scolaire peut être nécessaire : un texte à relire, une poésie, une consigne, une leçon. Mais la lecture plaisir doit exister à côté, sans contrôle systématique.

On peut dire :

“Ce texte, c’est pour l’école. Et ce livre-là, c’est juste pour toi.”

Cette différence aide l’enfant à ne pas voir tous les livres comme du travail.

Utiliser les livres audio sans culpabiliser

Les livres audio ne remplacent pas totalement l’apprentissage de la lecture, mais ils peuvent redonner le goût des histoires.

Ils sont utiles pour :

  • les enfants qui se fatiguent vite ;
  • les enfants qui aiment écouter ;
  • les trajets ;
  • les moments calmes ;
  • découvrir une histoire avant de la lire ;
  • enrichir le vocabulaire ;
  • partager un récit en famille.

On peut aussi associer livre audio et livre papier : l’enfant suit les pages pendant qu’il écoute. Cela peut l’aider à entrer dans le texte sans se sentir seul face aux mots.

Faire de la médiathèque une sortie agréable

La médiathèque est un très bon allié. L’enfant peut feuilleter, tester, choisir, abandonner, recommencer. Et cela ne coûte rien ou presque selon les communes.

On peut lui donner une petite mission :

  • choisir une BD ;
  • choisir un documentaire ;
  • choisir un livre drôle ;
  • choisir un livre pour le parent ;
  • trouver un livre avec un animal sur la couverture ;
  • demander conseil au bibliothécaire.

L’important est que la sortie reste agréable. Si l’enfant choisit un livre trop simple, ce n’est pas grave. S’il ne lit que trois pages, ce n’est pas un échec. On construit une habitude.

Quand les écrans prennent toute la place

Il ne faut pas opposer chaque livre à chaque écran. Mais il faut reconnaître que les écrans captent facilement l’attention des enfants.

Le ministère de la Culture indique que la lecture des jeunes souffre de la concurrence des écrans et que les jeunes consacrent largement moins de temps à la lecture qu’aux activités sur écran.

Pour aider un enfant à lire, il peut donc être utile de créer des moments sans écran :

  • pas d’écran juste avant le coucher ;
  • un temps calme avec livres visibles ;
  • une lecture courte avant une vidéo ;
  • des livres accessibles dans le salon ;
  • une BD dans la voiture ;
  • un panier de livres près du canapé.

Il ne s’agit pas de dire “livre contre écran”. Il s’agit de redonner au livre une vraie place dans l’environnement.

un enfant porte d'un coté un livre, de l'autre une tablette et semble décider quoi choisir
Comme souvent, il faut trouver le bon équilibre

Que faire s’il ne veut lire que des BD ?

On peut commencer par se réjouir : il lit.

Ensuite, on peut élargir progressivement :

  • BD humoristique ;
  • BD d’aventure ;
  • manga adapté ;
  • documentaire illustré ;
  • roman graphique ;
  • petit roman avec beaucoup d’images ;
  • roman court.

La transition peut se faire doucement. Il n’y a pas besoin de passer directement de la BD à un roman très dense.

On peut aussi proposer des séries. Quand l’enfant aime un personnage, il a plus envie de lire la suite.

Et s’il relit toujours le même livre ?

Ce n’est pas forcément un problème.

Relire permet de :

  • gagner en fluidité ;
  • mieux comprendre ;
  • prendre confiance ;
  • retrouver un univers rassurant ;
  • lire avec moins d’effort.

Certains enfants ont besoin de relire plusieurs fois avant d’oser découvrir autre chose.

On peut simplement proposer à côté :

“Tu peux relire celui-ci, et on en choisit un nouveau pour après.”

Quand faut-il s’inquiéter ?

Il faut distinguer le manque d’envie et la difficulté durable.

Un enfant peut ne pas aimer lire parce qu’il n’a pas trouvé les bons livres. Mais il peut aussi souffrir d’une difficulté de lecture.

Il est utile d’en parler à l’enseignant si l’enfant :

  • évite toujours la lecture ;
  • lit très lentement ;
  • devine les mots au lieu de les lire ;
  • inverse souvent des sons ou des syllabes ;
  • ne comprend pas ce qu’il vient de lire ;
  • se fatigue très vite ;
  • se met en colère dès qu’il doit lire ;
  • se plaint de maux de tête ou de fatigue visuelle ;
  • semble très en retard malgré l’entraînement ;
  • perd confiance et dit souvent “je suis nul”.

Ameli rappelle que les troubles du langage écrit peuvent concerner la lecture, l’orthographe et l’expression écrite, et qu’ils peuvent entraîner des difficultés scolaires ou perturber le comportement de l’enfant s’ils ne sont pas accompagnés.

Cela ne veut pas dire qu’un enfant qui lit peu est forcément dyslexique. Mais si la difficulté est forte, régulière et douloureuse, il ne faut pas rester seul. L’enseignant, le médecin, l’orthophoniste ou un autre professionnel pourra aider à comprendre ce qui se passe.

Quelques idées concrètes selon l’âge

CP

À cet âge, la lecture demande encore beaucoup d’effort. On peut privilégier :

  • albums courts ;
  • syllabes et mots simples ;
  • livres avec phrases répétées ;
  • lectures à deux voix ;
  • histoires lues par le parent ;
  • petits documentaires très illustrés.

Objectif : ne pas casser la confiance.

CE1

L’enfant gagne en autonomie, mais peut encore se fatiguer vite. On peut proposer :

  • premières lectures ;
  • BD simples ;
  • petits romans illustrés ;
  • documentaires courts ;
  • séries avec personnages récurrents.

Objectif : installer une habitude sans pression.

CE2

L’enfant commence à lire des textes plus longs, mais tous ne sont pas prêts pour les romans. On peut proposer :

  • BD plus riches ;
  • romans illustrés ;
  • journaux ou magazines jeunesse ;
  • livres d’aventure courts ;
  • documentaires sur ses passions.

Objectif : trouver ce qui déclenche l’envie.

CM1 et CM2

Certains enfants aiment déjà lire. D’autres décrochent. On peut proposer :

  • romans courts et rythmés ;
  • BD et romans graphiques ;
  • mangas adaptés ;
  • livres d’humour ;
  • séries ;
  • documentaires plus détaillés ;
  • livres liés à leurs passions.

Objectif : garder le lien avec la lecture avant l’entrée au collège.

10 idées simples pour redonner envie de lire

  1. Laisser l’enfant choisir un livre, même très simple.
  2. Lire avec lui au lieu de le laisser seul face au texte.
  3. Accepter les BD, mangas adaptés, magazines et documentaires.
  4. Créer un petit rituel de 5 à 10 minutes.
  5. Installer des livres visibles dans la maison.
  6. Aller à la médiathèque sans obligation de résultat.
  7. Relier les livres à ses passions.
  8. Éviter les comparaisons avec les autres enfants.
  9. Ne pas corriger chaque erreur à voix haute.
  10. Demander conseil à l’enseignant si la lecture provoque une vraie souffrance.
Fillette qui lit un livre avec ses peluches

Exemple de routine douce

Voici une routine simple à tester pendant deux semaines.

Le soir

  • 5 minutes de lecture avec un parent.
  • L’enfant choisit le livre.
  • Le parent lit une partie si besoin.
  • Pas de question scolaire à la fin.
  • Une seule question plaisir : “Tu as aimé ou pas ?”

Le week-end

  • Passage à la médiathèque ou choix d’un livre à la maison.
  • Lecture libre : BD, documentaire, album, magazine.
  • Possibilité d’abandonner un livre qui ne plaît pas.
  • Discussion courte sur une image, une blague, un personnage ou une information.

Le but n’est pas de transformer l’enfant en grand lecteur en 15 jours. Le but est de recréer un contact positif.

En résumé

Un enfant qui n’aime pas lire n’a pas besoin qu’on lui répète sans arrêt que lire est important. Il a besoin de retrouver une expérience plus agréable, plus libre et mieux adaptée à son niveau.

Pour l’aider, on peut :

  • comprendre ce qui le bloque ;
  • choisir des livres plus accessibles ;
  • accepter les BD et documentaires ;
  • lire avec lui ;
  • créer un petit rituel ;
  • éviter les comparaisons ;
  • réduire la pression ;
  • relier la lecture à ses passions ;
  • demander de l’aide si la difficulté semble importante.

Le plaisir de lire ne se commande pas.

Il se construit doucement, avec de bons livres, de bons moments et beaucoup d’encouragements.

Sources utiles

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